Vous connaissez tous, je pense, cette boisson qui ressemble à mais qui n’est pas. Sur la paroisse Notre Dame des Grâces à Revel, paroisse catholique, j’ai trouvé une famille qui ressemble à une famille catholique mais qui n’en est pas. Au fur et à mesure que je dépouille, je trouve souvent ce type de phraséologie de la part du prêtre, quelle que soit la période : « Baptême le […] de [Jacob , Abraham, Elie, Rachel, Judith – rayez les prénoms inutiles], fils ou fille de [Jacob, David, Isaïe – là encore, rayez les prénoms inutiles] Sarrat et de Anne Leignes (par exemple), fiancés. » Et le plus souvent, les parrain et marraine ne sont pas présents et d’autres personnes portent les enfants à leur place. Vous en trouvez un, vous vous dîtes « Bon, ils ont passé la Trinité avant Pâques, cela arrive ». Mais là, sur un siècle, c’est du systématique ou presque. Quelques mariages mais très peu et les décès des enfants baptisés. Et c’est tout. Et là, je me suis dit, il faut chercher. Il y a une anguille sous la roche. Creusons. Et, vu les prénoms, je suis allé voir du côté des registres protestants. Je ne sais pas pourquoi. Une forte intuition peut-être. Et , en parcourant les registres protestants, comme c’est curieux, je retrouve les actes qui me manquent. Ils font baptiser leurs enfants dans l’église catholique mais pour tout le reste, ce sont bel et bien des protestants. Personnellement, je n’y ai vu qu’une explication : la peur des Dragonnades. On ne pouvait rien leur faire, ils étaient baptisés catholiques, les registres en apportaient la preuve. Mais ce n’était qu’un baptême de façade. Et je ne crois pas qu’à l’époque une enquête approfondie sur les moeurs réelles des ouailles ait été menée… Je peux me tromper. C’est peut-être très hypocrite mais en tout cas, sur un siècle, je n’ai rien vu, officiellement, qui ait pu les déranger. Ce n’est pas la seule famille qui faisait cela. Des catholiques Canada Dry. Il n’y a pas d’autre mot.