Ne jamais croire les clients (surtout quand ils ne sont pas généalogistes). Je crois que cela peut devenir un leitmotiv. Je m’explique. Un client veut relever le nom de sa mère et pour cela, il a fait un arbre généalogique qu’il me demande de vérifier. Sauf que… Dans son arbre, s’il mentionne bien les collatéraux, il ne m’a fourni aucune date, aucun lieu. Je ne sais pas non plus s’ils sont mariés, célibataires, morts en bas-âge. Et il me demande de vérifier sa généalogie. Je suis un chouïa sur la réserve mais je prends le dossier. Quand je lui pose la question sur les collatéraux, pour lui, ils sont tous décédés en bas-âge. Allez zou ! On va pas s’enquiquiner avec eux, non plus. Et bien si ! Parce que le Ministère de la Justice demande, quand on veut relever un nom menacé d’extinction qui est dans son ascendance, de produire un arbre généalogique complet, indiquant les membres de toutes les branches tant féminines que masculines (descendants et collatéraux compris), accompagné des copies intégrales des actes de naissance et de décès des personnes y figurant et tous documents, notamment des actes de succession, de nature à établir l’extinction du nom demandé. Il me faut donc tout vérifier à partir du trisaïeul de sa mère (puisque le nom qu’il veut relever appartient à cette branche). Donc pas de date précise, pas de prénom précis, pas de lieu précis pour les collatéraux. Bref, je recherche tout comme une recherche normale. Et les collatéraux soi-disants morts en bas âge se sont mariés ! Surprise ! Quasiment tous en plus ! Houba ! Le coût ne va plus être le même du fait. Il est même en train d’exploser, soyons clairs. Et maintenant, Stéphane, va expliquer cela au client. Comment va-t-il le prendre ? C’est le moment d’être diplomate, parce que du monde à rechercher, sur le XIXe et XXe siècle, va y en avoir. Beaucoup plus qu’il ne le pense. On n’est pas rendu comme ils disent au-dessus de la Loire. Les joies du métier, quoi !



