Quels coûts est-il possible d’atténuer pour un généalogiste professionnel ? Quel est le niveau normal pour certains critères que nous utilisons dans notre profession ? Qu’est-ce que nous assumons comme coûts supplémentaires sans rien gagner en échange ? Qu’est-ce qui a reçu trop d’attention dans la course compétitive que nous avons lancé ? Quels sont les critères qui ne servent pas à grand chose ? Ces questions-là peuvent vous paraître curieuses. Je me les étais déjà posées il y a quelques mois. J’avais d’ailleurs eu des commentaires encourageants à ce sujet. Une des questions que je m’étais posée concernait le temps que je passe pour mes clients en plus du temps de recherche. A l’époque, cela devait être en décembre, je m’étais demandé si ce temps complémentaire pouvait être comptabilisé à mes clients. Ce temps de synthèse, si je ne le compte pas, c’est un coût supplémentaire pour moi. C’est du temps passé pour mes clients que je ne leur facture pas. A ma connaissance, ce n’est pas dans les habitudes de la profession de le compter. En tout cas, les quelques généalogistes que j’ai interrogé ne le font pas. La seule qui, à ma connaissance, le fait systématiquement est une consoeur qui se déplace à l’étranger et qui compte, forcément, son temps de trajet pour ne pas travailler à perte. Je m’étais demandé si je pouvais compter ce temps. Et les commentaires que j’avais reçu m’avaient semblé encourageants. Les clients étaient en capacité de comprendre que ce temps leur était exclusivement consacré. J’avais alors fait un courrier à l’ensemble de mes clients pour le leur expliquer. Dans l’ensemble de mes clients, une seule m’a quitté. Sinon, j’ai eu des retours aussi encourageants que les commentaires de ma note. Depuis janvier, c’est donc quelque chose que j’applique le plus possible. Ce n’est parfois pas simple, c’est tellement peu dans les manières d’agir de la profession. Il m’arrive alors d’hésiter, de ne pas oser. C’est peut-être bête de ma part. Mais dans la majorité des cas, je l’applique. Je compte le temps de synthèse, le temps de présentation des résultats pour mes clients. Et cela passe sans problème. Du coup, ce n’est pas que je gagne mieux ma vie, mais c’est un coût qui a diminué, que je ne supporte plus. Je n’en fais désormais pas trop pour mon client. Je lui consacre le temps que je dois lui consacrer pour lui offrir une prestation de qualité et je lui compte ce temps. Et si ce temps compté donne une facture trop importante par rapport à celles que mon client avait l’habitude de payer l’an passé, je fais une cote mal taillée à la fois pour ne pas le faire fuir et pour que cela soit rentable pour moi. Cela me paraît normal. Je ne peux pas lui augmenter une facture de 200 €, par exemple, du jour au lendemain de mon propre fait. Donc nous trouvons un compromis ensemble. Normal ! Assumer ce coût ne me rapportait rien, même pas en terme de réputation. Je n’y gagnais rien. C’était un coût. L’atténuer me permet de commencer à créer une nouvelle courbe de valeur dans mon métier. Et cela, c’est plutôt positif. C’est ce que j’appelle atténuer des critères. Je n’exclus pas puisqu’il y a ces compromis, ces hésitations de ma part. Mais il me coûte moins cher que l’an passé.