Je commence à recevoir un nouveau type de demande en tant que généalogiste professionnel. Cette demande provient de personnes qui sont en repositionnement professionnel, c’est-à-dire qui souhaitent changer de métier. Ces personnes mènent des enquêtes « marché du travail » pour connaître les différents métiers porteurs. Le but est d’arriver à en trouver un et à s’engouffrer dans cette brèche. J’ai reçu plusieurs personnes comme cela. En tant que professionnel, il est de mon devoir de faire connaître mon métier. Mais… A chaque fois, je ressors de cette entrevue déçu. Les personnes ont en face d’elles un professionnel, quelqu’un de passionné par son métier. La conversation pourrait durer des heures (je me connais quand on me lance sur mon métier). Et l’affaire est conclue en 10 minutes, un quart d’heure maximum. Elles ont quelques questions pour les aider à enclencher la conversation, ce que je trouve normal. Ce n’est pas simple souvent pour elles, je le vois bien quand je les reçois. Le fait d’avoir travaillé dans le domaine de l’insertion professionnelle fait que je suis peut-être plus sensibilisé, que je perçois peut-être plus des atmosphères. Pour moi, il est évident que ce contact est tout sauf simple, même si elles ont su envoyer un e-mail pour me le demander. Le face-à-face, elles le gèrent plus difficilement, en tout cas c’est comme cela que je le ressens. Car elles ne vont pas au-delà de ces questions. Elles ont un professionnel en face et elles n’en profitent pas. Pourtant, me disent-elles, c’est un sujet qui les intéresse. Mais rien ne se passe. Je trouve cela dommage. Pour elles plus que pour moi. Pas de gnaque, pas de répondant, seulement une personne qui écrit quelques phrases par question. Comme une bougie qui s’éteint doucement. Et ce quel que soit leur âge. Je n’arrive même pas à obtenir des informations sur leurs recherches. Ou très peu. Une bougie qui s’étiole, vraiment. Cela me désespère pour elles.