C’est parfois ce que je me dis, notamment après le rendez-vous de ce matin. Il y a des fois, je sais pas, je dois avoir des illuminations…ou je ferais mieux de rester couché, c’est suivant les points de vue ! Je viens d’envoyer un e-mail à mon associé, ainsi qu’à certains de mes collègues, à propos d’un de mes projets. Eux, je ne sais pas encore leur réaction. Je crains un peu celle de Christophe. Va-t-il crier au fou ? Se maudire d’être parti dans le même bateau que moi ? S’arracher les cheveux ? En tout cas, j’y vais culotté. Je viens de créer avec lui S2CF. La société avance, fait son trou lentement, ses taches d’huile, se répand un peu partout. Bref, un chemin de petit bonhomme tranquille. Et là ! Je lui propose, dans mon e-mail, la constitution d’une deuxième société ! C’est cela oui ! Il va y aller les yeux fermés. Certes c’est pour mettre en place de la manière la plus sereine possible un projet. Mais quand même ! Une société dont S2CF serait associée avec d’autres personnes. Ouf ! On n’y va pas tout seul, que lui et moi. Cela permettra en outre de mettre sereinement en place un partenariat financièrement potentiellement intéressant. Bon, en même temps, avec mon expert-comptable, j’ai calculé le risque pour cette deuxième société. Il est financièrement quasiment nul : une structure légère mise en place, sans quasiment de frais fixes. Du point de vue de l’étude de marché, mon expert-comptable m’a dit que seul le point de vue « perte absolue » était possible puisque c’était un produit innovant, un produit de rupture. Calculer un CA ? Impossible ! Sur quelles bases ? Calculer une perte par contre est beaucoup plus facile. Dont acte, lui et moi ! Mais je crois qu’il faut vraiment y aller au culot. Se lancer advienne que pourra. Prendre des risques (mesurés) si je veux que notre chiffre d’affaires décolle un jour ou l’autre. C’est le bon moment, celui où on se dit qu’il n’y aura pas de seconde chance. Je crois que c’est vraiment là que je me rends compte que je suis un vrai entrepreneur, un vrai de vrai, un tatoué comme on dit, que je n’ai absolument pas la mentalité d’un salarié et que je m’en éloigne de plus en plus. C’est là aussi que je me rends compte que, par rapport à certains de mes collègues professionnels, nous n’avons plus les mêmes valeurs. Tant pis pour eux !