Cela m’éclate quand j’ai un client qui me demande d’aller chez lui (j’ai quelques clients locaux, que je peux connaître de visu) parce qu’il est bloqué, complètement, un noeud gordien qu’il ne sait pas du tout résoudre. Et que là, avec lui, en deux-trois heures, la solution est trouvée, le noeud complètement défait. Ce qui veut dire quand même, il n’y a pas de magie, que le client a fait des recherches tous azimuts auparavant sur lesquelles je peux m’appuyer. Mais c’est vrai que dans ces cas-là, j’ai l’impression d’être un Barbapapa, quelqu’un qui peut transformer tout rapidement. Hier cela a été le cas : une ancêtre d’une cliente qui changeait de nom, de prénom en fonction des actes. Guibert ? Gibert ? Ybert ? Robert ? Lavaute ? Marie ou Jeanne-Marie ? Faites votre marché, il y a du choix. Sauf qu’il faut quand même trouver le bon nom et le bon prénom. Ma cliente avait fait des relevés systématiques de la famille qui l’intéressait sur 50 ans environ. Mais impossible de déterminer quoi que ce soit. Quand j’ai vu cela, j’ai senti qu’il y avait une question d’héritage, de succession là-dessous et je suis parti sur cette hypothèse : Et si elle avait pris le nom de sa mère ou de sa belle-mère ? Je me suis tracé un arbre en partant de cette hypothèse et nous sommes allés vérifier, en recherchant contrats de mariage relevés ou BMS en ligne. Bingo ! Elle s’appelait Jeanne-Marie Guibert, épouse du fils de Marie Lavaute et soeur de la femme de Raymond Robert, cette dernière héritière de leurs parents. Et comme en occitan, le G s’écrit mais ne se prononce pas toujours, nous passions de Guibert à Gibert ou Ybert suivant si le nom était prononcé à l’occitane ou à la française. Ma cliente était contente, et je la comprends, m’avouant qu’elle n’aurait jamais eu cette réflexion-là même si elle a la bonne logique. Mais parfois, il y a en plus les connaissances. Et c’est là où je me dis que faire des recherches en ethnologie de la famille ne s’est pas avéré du tout inutile, bien au contraire. Sinon, je n’aurais pas eu ce réflexe-là. Mais il faut penser à tout transformer parfois parce qu’ils ont tout transformé avant nous.