Isaac-Jacob Adolphe Crémieux (1796-1880) est plus connu sous son troisième prénom : Adolphe. Sa famille appartient aux Juifs du Pape, originaire de Carpentras. Par l’intermédiaire de sa femme, il est le grand-oncle de Marcel Proust. Avocat d’abord à Nîmes, il est ensuite auprès de la Cour de Cassation. Il défend à Nîmes les victimes de la Terreur Blanche.En 1828, il est nommé membre laïque du Collège des notables israélites de la circonscription de Marseille. Pendant 6 ans, de 1842 à 1848, il est député de Chinon. Il a été aussi l’avocat de la princesse Mathilde Bonaparte et de la famille d’Orléans en 1848. En 1851, il défend le fils de Victor Hugo, poursuivi devant la Cour d’assises de Paris pour « avoir outragé la loi en décrivant l’exécution d’un braconnier guillotiné à Poitiers ». En 1869, il est élu député du 3ème arrondissement de Paris et vote contre la déclaration de guerre à la Prusse. Après avoir défendu en vain Gaston Crémieux, qui a participé à la Commune marseillaise et qui sera fusillé pour cela, il est député d’Alger de 1872 à 1875 puis sénateur inamovible de 1875 à sa mort. La promotion fan-club s’est intéressée à sa généalogie (ainsi qu’à celles de Gaston et Ferdinand Crémieux) Il est connu pour le décret portant son nom et, c’est moins connu, en 1848 il fait prendre le décret qui déclare que désormais la justice française est rendue au nom du peuple français, en tant que ministre de la justice de la Deuxième République. Après la capture de Napoléon III à la bataille de Sedan, du 4/09/1870 au 17/02/1871, est mis en place le Gouvernement de la Défense Nationale. Adolphe Crémieux y participe à nouveau en tant que ministre de la justice. Le président est Louis Jules Trochu. Et dans ce cadre, le 24 octobre 1870 sont pris à Tours les décrets dit « décret Crémieux ». Si si, vous avez bien vu, un pluriel suivi d’un singulier. Parce que le décret Crémieux en cache en fait plusieurs autres. Le plus connu est le décret n° 136 qui attribue d’office la citoyenneté française aux Israélites indigènes d’Algérie. Mais il y en a d’autres, tous portant sur l’Algérie. Sept ou neuf en tout. Tout le monde n’est pas d’accord sur leur nombre. Le décret n° 137 porte sur la naturalisation des indigènes musulmans et des étrangers résidant en Algérie à l’âge de 21 ans sur leur demande. Enfin en théorie parce qu’en pratique la naturalisation fut rarement attribuée. Les autres décrets sont les suivants : Décret relatif à l’organisation politique de l’Algérie. Décret nommant le gouverneur général civil, le chef d’état-major général et secrétaire général du gouvernement en Algérie. Décret organisant le jury et les cours d’assises de l’Algérie. Décret sur la profession de l’avocat en Algérie. Décret relatif aux divisions et subdivisions militaires de l’Algérie.