Après plusieurs jours de discussion, parfois un peu âpres, nous nous sommes mis d’accord avec Christophe. Là où cela coinçait bien sûr, comme toujours, quel que soit le problème entre deux personnes, c’était la question de l’argent. Qui payait quoi ? Et nous sommes enfin tombés d’accord. Pas forcément simple. J’ai pris un rendez-vous chez l’avocat pour mieux connaître la décomposition de ses honoraires afin que la discussion puisse avancer. Mais nous sommes tombés d’accord. C’est l’essentiel. Christophe paie le coût de la cession de parts et, comme ensuite il y a des modifications à faire sur les statuts, c’est normal que ce soit la société qui les paie. Du coup, normalement d’ici la fin de la semaine prochaine, la SARL deviendra une EURL. Ce fut une belle aventure. J’ai appris beaucoup sur moi, les erreurs que j’ai pu commettre, ce que je n’ai pas osé exiger mais que j’aurais dû. Cela m’a permis de réfléchir différemment. J’ai appris. Je sais que, désormais, il y a des erreurs en tant que chef d’entreprise que je ne commettrais plus. Mon discours d’entrepreneur a complètement changé sur la notion de rentabilité. Mais il me fallait la toucher du doigt par le biais du départ de Christophe. Sur cette notion, le patron a complètement fait son apparition. Une fois la séparation effective, il va y avoir des modifications à faire encore, notamment pour tout ce qui est ma communication. Notamment pour les sites Internet. Le départ officiel de Christophe n’est qu’une étape. Il va falloir gérer ensuite d’autres chamboulements. Ils se feront petit à petit. En même temps, ce moment de la séparation m’a transformé en pile électrique. J’ai, tout le temps des négociations, eu les nerfs en pot de fleurs et à fleur de peau. Un chat qui fait le dos rond, toutes griffes dehors, le poil hérissé à l’extrême. J’ai tout pris, pendant cette période, au premier degré. Je ne pouvais pas avoir le recul nécessaire. Mes émotions étaient trop palpables. Il va me falloir laisser décanter maintenant. Cela me fait curieux de le dire ainsi mais le principal est fait. Et cela me soulage.