Ce matin, j’avais rendez-vous avec un organisme de tutelle. Une des personnes mises sous leur protection souhaitait, en accord avec sa tutrice, rechercher sa mère. Elle ne connaissait, et c’est déjà beaucoup, que son nom, sa date et son lieu de naissance. Mais il lui fallait quelqu’un pour faire les démarches à sa place, pour rechercher celle-ci. Et pendant toute la durée du rendez-vous, pour cette personne, je n’étais pas, je n’ai jamais été un simple généalogiste, j’étais médiateur. Le médiateur des ancêtres. J’ai trouvé le terme très beau et la notion existant derrière propice à la réflexion. Une petite définition avant toute chose, histoire de savoir de quoi on parle. Selon le Robert, un médiateur est une personne qui s’entremet pour faciliter un accord entre deux personnes ou partis. Mais c’est aussi une personnalité indépendante chargée de trouver des solutions aux désaccords entre les particuliers et l’Administration lorsque tous les recours gracieux ont échoué. Enfin, c’est un intermédiaire. Une personnalité indépendante chargée de trouver des solutions : une personne qui est entre, qui fait lien. Au départ, deux mondes séparés. Puis au milieu le médiateur qui fait noeud, qui solidifie. Celui qui amène l’accord par le biais de la discussion. Avec écoute et attention. Pour cette personne, je n’étais pas le simple chercheur d’ancêtres habituel, expert quand même. J’étais en capacité de faire le lien entre sa mère et elle. J’avais cette expertise-là. Je l’avais écouté. J’avais accordé de l’importance à sa demande, à son besoin. Elle me confiait le bébé en quelque sorte, en toute confiance. A mon sens, c’est une notion à fouiller car elle est porteuse d’avenir.



