A Louvain-La Neuve, en Belgique, il existe un centre intéressant : Le Centre de Consultations Spécialisées (CPS). Là exerce Michel Legrand, l’un des plus célèbres praticiens en récit de vie du monde francophone. Son métier : aider les gens à narrer leur histoire. Avec quelle méthode ? Michel Legrand utilise le récit de vie dans une démarche de soutien individuel. Raconter son histoire, plusieurs fois parfois, la remodeler dans une version qui convienne au narrateur, qui lui soit supportable, permet de se réapproprier sa vie. Cela a l’air simple dit comme cela. Cela ne l’est pas du tout. Cela implique de construire un récit qui ne dise que la vérité, qui soit rigoureusement exact. Comment la personne s’articule-t-elle avec l’histoire de sa famille ? Quelle est la place qu’il y tient ? Comment son histoire familiale a une influence sur lui ? Michel Legrand propose de dessiner un arbre généalogique. Comme la personne en a envie. Voir toutes les ramifications qui nous lient à nos ancêtres. Comment ils nous guident. Je crois que le généalogiste ne le devient jamais par hasard. Cela permet de savoir où est sa place. Souvent, je me suis rendu compte que le généalogiste devient un pivot de la mémoire familiale. Petite anecdote personnelle : Quand il y a un enterrement dans la famille, ou un mariage, souvent un membre de la famille vient me voir et me dit : « Mais lui c’est qui ? Comment on est parent ? ». Il sait qu’avec moi il aura la réponse. La généalogie c’est reconstituer l’histoire familiale. On privilégie toujours une lignée sur les autres. S’interroger sur son parcours de vie permet parfois de savoir pourquoi cette lignée-là au détriment des autres. Quelle est son influence ? Personnellement, cela m’a pris 12 ans pour construire ce parcours. Même si ce n’était pas avec la méthode de Michel Legrand. 12 ans en parallèle des recherches généalogiques que je menais. Qui est prêt à y consacrer autant de temps ?