Je viens de lire avec profit le livre de Fabienne Brutus sur l’ANPE. Peut-être un peu polémique, mais intéressant malgré tout. Par rapport à la question qui me préoccupe, je commence à comprendre des réactions et pourquoi la situation peut parfois paraître ubuesque. Cette compréhension me fait dire que nous avons un long chemin dans le domaine de la communication à parcourir, un très long chemin. Tout d’abord, j’ai appris que l’ANPE, dans sa démarche marketing, classait les entreprises en fonction du potentiel d’embauches possibles en six catégories. Au vu et au lu de ces catégories, j’ai compris que j’appartenais vraisemblablement pour eux à la catégorie n° 1 : entreprise dont le potentiel est faible ou que l’Agence ne connaît pas et à laquelle il faut fournir une information légère si le potentiel d’embauches est faible ou conquérir en cas de détection de potentiels. Sauf que, pour conquérir, il faut aller voir le chef d’entreprise, discuter avec lui, bref prendre ce temps-là si c’est possible. Ensuite, dans sa conclusion, Fabienne Brutus parle toujours de la démarche marketing de l’ANPE. A la page 238 de l’ouvrage, elle écrit ceci : Former les agents de l’ANPE à la création d’entreprise permettrait de favoriser l’essor de petites structures, de lancer des chômeurs sur la voie d’un « entreprenariat » à taille humaine. Au lieu de ramper devant les groupes de la grande distribution, pour quémander quelques postes sous-payés, les conseillers seraient une vraie force de proposition envers les TPE, les PME. Les conseillers ANPE actuels méconnaissent en général l’entreprise, ses mécanismes et impératifs financiers notamment. Les agents ont adopté la « démarche marketing », qui ne renvoie qu’à l’univers des multinationales et n’a absolument aucun rapport avec les réalités de l’artisanat, par exemple. Effectivement, si tel est bien le cas, en tant que petit entrepreneur ne pouvant proposer pour le moment qu’un contrat de 20 h par semaine, même en CDI, la tâche va s’avérer rude. Là où je ne suis pas d’accord avec elle, c’est quand elle parle des contrats aidés à temps complet, pour les associations par exemple. C’est bien, mais il faut pouvoir financer la partie non aidée. S’il n’y a plus de financement, quel qu’il soit, il n’y a plus de contrat du tout et le problème n’est pas résolu. Plutôt que de mettre sous perfusion, aidons le corps à se défendre. L’employeur ne peut proposer qu’un contrat temps partiel : commençons par financer celui-là. Faisons le point à une date donnée, et si l’employeur peut prolonger le contrat, prolongeons l’aide avec des points précis de contrôle basés sur l’économique, le passé et le futur de l’employeur. Je suis sûr que cela pourrait mieux marcher que d’attendre le CDI temps plein miraculeux et messianique. Par contre, ce qui me désole comme elle, c’est cette orientation systématique vers les « métiers en tension », c’est-à-dire ceux où on manque cruellement de main d’oeuvre. Peut-être au détriment d’autres projets. Vous trouvez que je suis loin de la généalogie ? Je ne crois pas. Je suis de plus en plus persuadé que la généalogie peut être un métier où des emplois peuvent se créer, y compris chez les généalogistes familiaux. Cela va demander de la communication, bien sûr, et surtout de mettre en place des études économiques sérieuses, scientifiques presque. Je crois qu’une étude du secteur pourrait éviter les clashs comme pour la Biennale 2006, car tout le monde aurait des chiffre précis sur le rôle de chacun. Qui s’y est penché pour le moment ?