Pour ce qui est de mon ancien associé, le but n’est de porter préjudice à aucun de nous. Il est parti, estimant que la société n’était pas viable pour deux associés. Point. Je crois simplement que je ne me suis pas encore remis du choc que ce départ a été pour moi. Et je suis toujours dans les différents problèmes que ce départ a provoqué. J’en ai été malade, au sens propre, du fait de son départ. Je ne voulais pas le dire parce que cela ne concerne que moi, mais je préfère en parler, cela sera plus clair pour tous : j’ai pris un associé parce que je suis redevenu épileptique en 2006. J’ai une forme rare d’épilepsie qui fait que je ne peux plus conduire de nuit hors de la ville. Et je n’ai mes crises que la nuit. Chaque crise, si elle est forte, c’est une semaine de repos obligatoire, à ne pas pouvoir travailler. Chaque soir, je m’endors avec cette hantise : comment vais-je passer la nuit ? J’ai à côté une spondylarthrite ankylosante. Pour ceux qui ne connaissent pas, la personne voit petit à petit perdre sa capacité à pincer quoi que ce soit avec les mains, sa colonne vertébrale perdre de sa courbure, ses pieds et ses mains se mettre en crochets et quand un doigt ou un orteil est en crochet c’est définitif. Ce sont aussi les hanches qui se bloquent et il m’arrive de boîter parce que je ne peux pas m’appuyer sur une de mes hanches pour marcher. Imaginez-vous avec un plâtre qui vous bloque le bassin et essayez d’avancer. Cela nécessite donc des soins kiné toutes les semaines, des piqûres qui peuvent créer à terme une cirrhose médicamenteuse. Prendre un associé, c’était aussi pouvoir accorder du repos à mon corps. C’était pouvoir confier des tâches en toute confiance, en faire d’autres depuis chez moi, à un autre rythme. Pouvoir me ménager pour éviter l’épilepsie. Et depuis un an, je cherche des solutions pour pouvoir m’appuyer sur quelqu’un de confiance, qui ne me lâchera pas au bout de 18 mois. Parce que je sais que si je fais plusieurs déplacements dans différents dépôts d’Archives dans une même semaine, c’est trop de fatigue pour moi et je vais passer une nuit aux Urgences neurologiques. Parce que je sais aussi que la lumière de mes phares en pleine campagne, la nuit, ne me permet plus de voir la route et qu’il me faut être dans les environs d’Albi impérativement avant la nuit tombée. Ce n’est pas si simple l’hiver quand vous revenez d’un dépôt d’Archives. Je ne l’égratigne pas quand je constate que nous n’avons pas la même manière d’aborder le travail. Quand je réalise qu’il m’a signifié des choses pendant 18 mois et que je n’ai pas voulu les entendre . Quand il est parti, il a fallu que je reprenne le rythme des recherches en Archives, des déplacements, que j’abandonne tous les projets que j’étais en train de mettre en place. Il me faut faire avec et je vous garantis que ce n’est pas simple.



