A un moment, j’ai lu dans le site de Thierry Sabot, rubrique « généalogiste professionnel » une conversation entre un de mes confrères et une autre personne sur la question de la santé. Faut-il être en bonne santé pour être professionnel ? Mon confrère soutient que oui, irrémédiablement oui, dans cette courte conversation. Ce n’est pas que je veuille aller absolument contre son opinion, mais j’aurais tendance à dire : pas forcément. On peut être un généalogiste professionnel et avoir une petite santé, voire même en étant reconnu travailleur handicapé. Ce n’est pas incompatible. Il existe en effet des moyens de protection de son capital santé. Prenons le cas : vous êtes généalogiste professionnel et reconnu par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH, auparavant COTOREP) comme travailleur handicapé. Le pourcentage de reconnaissance importe peu. Vous pouvez, en tant que professionnel libéral, faire un dossier de Reconnaissance de la Lourdeur du Handicap (RLH) auprès de la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP). Pour cela, un service peut vous aider à le monter : le Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés (SAMETH). Si le dossier est accepté, vous pouvez obtenir un maximum de 800 € mensuels pendant 3 ans. Le montant est donné au prorata du temps que vous pouvez travailler. 800 € pour les temps où vous ne pouvez pas du tout travailler. Ensuite, il faut renouveler la demande et vous pouvez la renouveler jusqu’à votre retraite. Cela peut vous permettre de souffler par rapport à votre handicap qui est, mettons, une maladie chronique. Ou autre chose, peu importe. Vous pouvez aussi contracter une assurance Protection de l’Activité Professionnelle. Si à un moment donné, votre handicap exige que vous vous arrêtiez (arrêt maladie signé de votre docteur), l’assurance peut compléter votre revenu. Cela marche aussi si vous êtes un valide : l’appendicite, se casser un membre qui vous empêche de conduire, donc de vous déplacer dans les services d’Archives pour vos clients, par exemple, cela concerne tout le monde. Pas de déplacement veut dire pas de facturation, pas de rentrée d’argent mais toujours des sorties par contre. L’essentiel est de pouvoir protéger son capital santé. Il n’en existe qu’un et il n’est pas renouvelable. Ce n’est pas après avoir bossé 12 h par jour, sans vacances, sans week-ends et un burn-out qu’il faudra s’en occuper. C’est trop tard, le corps aura lâché, vous devrez lever le pied. C’est aussi, je crois, en tant que professionnel, quelque chose qu’il faut prévoir, anticiper. Quel que soit votre état de santé, la généalogie est un métier-passion. Alors foncez, éclatez-vous et n’oubliez pas de vous mettre les garde-fous nécessaires. J’en parle par expérience. C’est un des moyens pour vous de durer. Cela l’a été en tout cas pour moi.