C’est ce que conseille Les Echos à propos de la Stratégie Océan Bleu. Cela peut être intéressant effectivement quand on propose quelque chose que personne d’autre ne propose et que personne ne veut suivre. Cela laisse du champ extrèmement libre. Mais en même temps, je me demande si cela ne peut être casse-gueule. Tourner le dos aux concurrents c’est aussi accepter d’être seul. Accepter de partir dans une autre direction qu’eux, complètement à l’opposé. Effectivement, il n’y a plus personne qui vous bouscule pour prendre la place. Mais je crois qu’en terme de reconnaissance, cela peut être aussi un chemin difficile. Je crois que cela peut provoquer de la jalousie. Je crois que ceux des concurrents qui se retourneront à un moment soit essaieront de vous faire revenir en vous prenant par la manche, soit vous regarderont de haut : qui c’est celui là qui fait différemment de tous les autres ? Pour qui se prend il ? C’est aussi accepter qu’à un moment les autres s’arrêtent, se retournent et vous regardent faire, en espérant qu’à un moment ou à un autre, vous allez trébucher et demander leur aide. Qu’ils s’empresseront de vous refuser. Il me semble que c’est un chemin difficile. En tout cas, un chemin qu’il n’est pas possible de faire entièrement seul. Il faut y aller en mettant en place des gardes-fous. Mais cela peut être un chemin intéressant. En tout cas, c’est un chemin qui me tente. De plus en plus.



