Ce matin, je suis contacté par un atelier protégé qui cherche des clients pour faire travailler les personnes handicapées dont ils ont la responsabilité. J’ai plutôt une oreille favorable, ils auraient pu prêcher un convaincu. Mais ce que je ne supporte pas, atelier protégé ou pas, c’est l’utilisation de méthodes de voyous au niveau de la vente. Au départ, j’ai eu une commerciale qui m’a expliqué le pourquoi de sa démarche. Et nous nous sommes mis à discuter. Je n’allais pas passer commande de produits dont je n’avais pas l’utilité. Au bout d’un moment, j’ai entendu sa responsable qui lui soufflait ce qu’elle devait dire par rapport à mon argumentation. J’avais deux voix au téléphone en écho. Cela ne m’a pas trop plu mais j’étais toujours dans une écoute positive. Puis la responsable a pris directement la parole, voyant que j’étais dur à convaincre. J’entends bien leurs besoins, je les respecte, mais je demandais un devis, simplement un devis qui me laisse un temps de réflexion. Je ne m’engage jamais sur un bon de commande, surtout quand, comme la responsable me le demandait, je dois signer celui-ci dès réception et le leur renvoyer dans la demie-heure qui suit. Je ne fonctionne pas ainsi, j’ai plutôt une sonnette d’alarme qui se met en route en me disant danger. J’entendais sa demande de faire travailler ces personnes handicapées en milieu protégé. J’aurais aimé qu’elle entende aussi la mienne : un devis, pas directement un bon de commande. Et j’ai besoin de mon délai de réflexion avant de répondre. C’est comme cela que je fonctionne le mieux. Et, depuis que j’ai reçu le bon de commande, par e-mail, je reçois toutes les 10 minutes un appel du même numéro de portable. Parce que je n’ai pas encore renvoyé mon bon de commande signé dans le temps qu’elle m’avait imparti. Il ne s’agit peut-être pas de cet atelier protégé. Je ne veux pas non plus faire du mauvais esprit. Je trouve simplement la coïncidence troublante. Mais pour moi, appeler ainsi les personnes toutes les 10 minutes pendant 4 heures, sans laisser de message, mais simplement ce côté harceleur, insistant au possible, c’est une méthode de voyou. Et alors que j’avais une écoute favorable, convaincue au départ, mon écoute change, vis-à-vis de cet atelier protégé en tout cas. Et cela m’indispose. Car ce n’est pas ainsi que la vision du handicap changera. Dieu sait combien je suis sensible pourtant à cette question.



