Je n’arriverais jamais à comprendre ces directeurs d’Archives qui, pensant améliorer la qualité de leur service, font exactement le contraire. Vous voulez un exemple ? Les Archives Départementales de l’Aveyron. En trois semaines, la nouvelle directrice a transformé la qualité du service de la salle de lecture d’exceptionnelle à médiocre. Je veux bien qu’elle mette sa patte après le long passage de Monsieur Delmas et je peux comprendre. Mais quand même ! Bon, il y a des améliorations qui existent partout et qui à mon sens n’en sont pas : place numérotée, entrer sans veste, uniquement travailler avec un crayon à papier et des feuilles volantes ou avec son ordinateur portable. Jusque là, rien que de très normal. Mais, quand vous entrez en salle, on vous attribue un numéro de table en vous prenant la carte de lecteur et en vous l’échangeant contre un papier plastifié qui ne sert à rien du tout au long de la journée. Par contre, comme on vous demande tout le temps votre numéro de place et de lecteur, ce dernier est donc noté sur un post-it collé sur le papier plastifié qui n’a en fait que cette utilité. Super l’amélioration ! Il n’y avait pas d’heures de levée et vous n’attendiez pas vos documents. Aussitôt demandés, aussitôt obtenus ou presque. Désormais, il y a des heures de levées : trois quarts d’heure entre chaque levée. Le temps hier de chercher les cotes qui m’intéressaient, la première levée est passée. Et une heure d’attente, une ! Résultat, chaque fois que je rendais un document, je posais une nouvelle demande. Les documents ne vous étaient pas comptés. Pas plus de 10 en demi-journée désormais. Merci pour les professionnels ! Il y avait une excellente bibliothèque d’usuels qui prenait tout un pan de mur. Tout ou presque est parti en magasin ! A part les divers et variés dictionnaires, il ne reste rien ou presque. Les classeurs d’inventaire prenaient 5 étagères. Vous regardiez sur la tranche du classeur la série ou sous-série qui vous intéressait, comme on fait partout. A la place, vous avez de mauvaises photocopies reliées avec une reliure spirale, posées à plat, qui prennent 14 étagères et pour certaines séries, les inventaires sont empilés les uns sur les autres. Et la lettre de la série est marquée sur l’étagère en dessous. Ce qui est très pratique pour les étagères du bas, vraiment. Le top du top pour gagner du temps ! Quand vous faîtes un relevé systématique, suivant le nombre de pages du document, vous pouvez travailler dessus plusieurs jours de suite, parfois plusieurs semaines. Il suffit de prolonger vos demandes d’un jour sur l’autre. Souvent c’est possible et le personnel en salle peut le comprendre quand vous leur expliquez. Au bout de deux jours, aux AD de l’Aveyron, le document est obligatoirement rentré dans les magasins et vous devez le redemander ! A-t-elle vraiment saisi qui était son public en grande majorité ? Le personnel de la salle de lecture ne cesse de prendre des mots fleuris de la part des lecteurs, mais ils subissent eux aussi et n’y sont pour rien. Sauf que ce sont eux et pas la directrice qui sont en contact direct avec le public. Curieusement aussi, la directrice n’est pas redescendue de son bureau depuis la mise en place du nouveau règlement. Ne l’assumerait-elle pas complètement ?