Les clients sont parfois bizarres. Ils vous font une demande, urgente vous disent-ils, voire urgentissime, c’était pour le mois dernier. La troisième guerre mondiale déclenchée s’ils n’ont pas la réponse tout de suite. Ils savent bien sûr que vous êtes professionnels. Et une fois la recherche effectuée, que vous leur dites que c’est prêt, que vous leur redonnez les conditions générales de vente, surtout quand il s’agit de nouveaux clients, pouf, plus de nouvelles. Plus de caractère d’urgence, plus rien. Perdu dans la nature. C’est ce qui vient de m’arriver avec un nouveau client. Il cherchait quelque chose d’urgentissime, me disait-il. Mais, urgentissime ou pas, quand l’administration doit donner son accord, et bien on attend sa réponse. Et on patiente. Comment faire autrement ? J’ai obtenu la réponse de l’administration, le lui ai dit. Et j’ai fait ce que j’avais à faire comme recherche pour un jour de travail, une fois son accord écrit obtenu. Je lui écris pour lui dire que c’est prêt, qu’il veuille bien envoyer le chèque correspondant et une fois ce dernier encaissé, je lui enverrais les recherches. C’était un nouveau client et je ne sais pas pourquoi je sentais le margoulin, la magouille, le pas clair du tout. D’où mes précautions. Je lui redemande son adresse pour lui envoyer la facture (il a changé d’adresse). Et là, plus de nouvelles, plus de contact, plus rien, perdu dans la nature. Vous me direz, cela m’a coûté quoi ? Deux courriers et une journée de recherches que j’ai toujours par devers moi, qui n’a pas été envoyée. Pas grand chose de perdu pour le moment, à part un peu de temps. Il va peut-être se réveiller un jour et me laisser un message sur le répondeur ou dans ma boite e-mails. Ou peut-être pas. Qui le sait ? Par contre, pour l’urgentissime, vous repasserez. Je pense que cela ne l’était pas tant qu’il voulait bien me le faire croire.



