Je continue de me poser des questions. Comment arriver à prioriser mon travail ? Comment ne pas me noyer sous le travail qui m’arrive de partout, du fait du départ de Christophe ? J’ai demandé à la gérante de Régate, la coopérative d’activités où j’ai été pendant 3 ans avant de me mettre à mon compte, s’il était possible de se rencontrer pour que nous puissions en discuter. Je sentais que j’avais besoin d’aide. J’ai pris une claque ! Elle a commencé à me parler d’UJS, d’UJO. Houlà ! On se calme ! De quoi s’agit-il ? En fait, m’a-t-elle expliqué, c’est simple : quel doit être mon tarif horaire pour que je travaille normalement, en m’autorisant des vacances, en couvrant mes charges et en me payant un SMIC temps complet ? Ce qui est quand même le minimum que tout le monde demande. Dans ce calcul, je ne compte que le temps de production. J’oublie tout ce qui est travail administratif et commercial. Dans ce calcul, le nombre annuel de jours travaillés pour un temps complet est de 220, pas plus. Dans ce calcul, le temps hebdomadaire total, travail administratif et commercial compris, est de 40 heures, pas plus. C’est là que j’ai pris une claque parce que je ne le savais pas, je ne pouvais pas lui répondre. J’en ai mal dormi pendant toute une nuit, tournant le problème dans ma tête, le ressassant encore et encore. Je sentais qu’une décision difficile devait être prise.C’est là que j’ai compris non pas seulement mon problème, mais le problème de toute la profession, pourquoi les généalogistes familiaux rament comme des malades, pourquoi il y a un tel turn-over, de si nombreux abandons au bout de quelques années. IL FAUT DOUBLER LE TARIF HORAIRE ! C’est la seule solution, il n’y en a pas d’autres. Question subsidiaire : les généalogistes amateurs, notre clientèle habituée depuis l’émergence de la profession à des tarifs moitié prix de ce qu’ils devraient être, comment vont-ils le prendre, l’accepter ? Quelle progressivité mettre en place pour qu’ils ne fuient pas ? Comment le leur expliquer parce que ce n’est pas rien, un doublement de tarif ? Doit-on le leur expliquer d’ailleurs ? Deuxième question qu’elle m’a posé et pour laquelle je n’ai pas encore de réponse qui me satisfasse. Il faut absolument prioriser le travail, tout mettre à plat, prendre ce temps-là, vérifier quelles sont les lignes de produits rentables, celles qui ne le sont pas, voir comment je peux améliorer ce manque de rentabilité et si je ne le peux pas prendre la décision d’abandonner le produit. Je saurais alors comment je peux embaucher. Ce qui est sûr, c’est que la personne devra obligatoirement apporter mensuellement 2000 € HT de CA. C’est le deal obligatoire, la fourche caudine sous laquelle il faut passer, qu’elle le veuille ou pas.