Au fur et à mesure de mes discussions avec différents collègues, je me demande si, in fine, il n’y aurait pas deux conceptions antinomiques de la profession de généalogiste. Alors Baroque Italien ou Coucou Suisse ? La première serait le « Baroque Italien » : beaucoup de créativité, tout fonctionne plus ou moins bien, cahin caha. Ce n’est pas la perfection. Cela demande à être amélioré mais…mais cela fonctionne. Le monde de la généalogie se transforme ? Pas grave, ces généalogistes-là se transforment aussi. Pas vraiment très structurés, pas vraiment cadrés, ils y vont et puis à la grâce de Dieu… On verra bien ! C’est plutôt ma vision du monde de la généalogie. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, relisez mes notes depuis décembre 2005… L’autre manière de voir la généalogie, et l’organisation de la profession, ce serait le « Coucou Suisse ». C’est carré, cela fonctionne, c’est éternel, cela ne tombe jamais en panne. Bref, réglé comme du papier à musique gravé dans le marbre. On commence par établir le cadre et ce qui n’y rentre pas…et bien cela n’y rentre pas ! Mais d’abord le cadre ! Mais… mais je me demande si cette deuxième conception, du coup, n’oublie pas de l’information en cours de route. Mais… Cette conception me fait beaucoup penser au phénomène bureaucratique démontré par Michel Crozier dans l’ouvrage du même nom, en 1963. Au départ, une centralisation importante qui entraîne des règles et des procédures fortes. Ces dernières donnent naissance à une attitude rigide de la part de ceux qui les emploient. De ce fait, les communications sont difficiles et, bien évidemment, les informations pas forcément bonnes. Pas de bonnes informations entraînent souvent des décisions inadaptées. Et donc, pour essayer de pallier à cette inadaptation, on centralise de manière importante. Et cela recommence. Dans cette vision des choses, j’entends dire que c’est l’ancienneté qui prime sur le mérite, que c’est le grade qui prime sur la fonction. Et pourquoi pas le retour à la loi salique tant qu’on y est ? Quand j’entends cette conception au cours de mes conversations, tintinabule toujours en moi la phrase « Nous sommes les meilleurs car tous les autres sont morts ». Phrase qui pour moi veut dire qu’il faut toujours s’adapter. Alors Baroque Italien ou Coucou Suisse ?



