Suite de notre géographie historique de la France. Aujourd’hui, nous verrons les différentes divisions féodales. Cela peut permettre parfois au généalogiste de comprendre pourquoi il se retrouve avec des lieux sans paroisse ou divisé entre plusieurs. Pour cela, nous prendrons quelques exemples du Tarn. Une nouvelle division de l’espace se construit sous les Mérovingiens et les Carolingiens. Les anciennes civitates romaines deviennent des pagi. A leur tête, un fonctionnaire : le comes. A la tête de plusieurs pagi, en général sur les « marches » du royaume, il y a les duces. Les uns comme les autres sont des fonctionnaires révocables. Sous Charlemagne, les duces portent un autre titre : comites marchae. Ils sont à l’origine de nos marquis. Mais le pouvoir central s’affaiblit. Comites et duces en profitent. Puisque personne ne les révoque, ils restent inamovibles, transmettant petit à petit la charge à leurs descendants. Ainsi se met en place le système féodal. Mais afin d’être mieux gouvernés, les grands fiefs se décomposent à leur tour. Suivant les régions, cette décomposition porte des noms différents : vicomtés et sergenteries en Normandie, baylies et vigueries en Languedoc, mandements en Dauphiné, Jugeries en Haut-Languedoc, mairies en Bourgogne-Champagne. Châtellenies et prévôtés un peu partout. Chacun de ces fiefs a son propre système. Ce qui donne un aspect un peu anarchique. Comme je le disais, les seigneuries peuvent ne pas avoir de paroisse. Ainsi, dans le Tarn, la seigneurie de Montfa. Elle est connue car elle appartient à la famille de Toulouse-Lautrec. Mais Montfa ne possède pas d’église. Elle est partagée entre cinq paroisses. De même, si vous cherchez un hameau portant le nom de Montfa, vous risquez de le chercher longtemps. Il n’en existe en effet aucun. Montfa est simplement le nom du château des Toulouse-Lautrec. Après la Révolution Française, Montfa devient une commune. C’est le même cas de figure pour la seigneurie de Larroque-Roucazel, au nord-est du Tarn. Pas de paroisse. La seigneurie est partagée entre deux paroisses. Pas de hameau à ce nom. Larroque est le nom du château, Roucazel le nom de ses premiers propriétaires. Après la Révolution Française, Larroque-Roucazel devient une commune éphémère. En 1835, elle est partagée en deux, en fonction des paroisses auxquelles se rattachaient les habitants. Cela n’a l’air de rien comme cela. Mais que de difficultés cela peut entraîner pour un généalogiste.



