Connaissez-vous l’histoire des oies du Capitole ? Peut-être pas. Alors laissez-moi vous la compter (et conter, le jeu de mot est volontaire). Vers 390 avant Jésus-Christ, les Sénons, un peuple gaulois originaire de Bourgogne, envahirent le nord de l’Italie et décimèrent l’armée romaine. Ils réussirent le premier sac de Rome. L’épisode est raconté notamment par Polybe, Diodore de Sicile et Tite-Live. C’est un épisode à la fois mythique et historique. Il y a en effet, quand on y regarde de plus près, des résurgences de l’histoire grecque. Ainsi le nom du chef des Sénons est le même que celui des Celtes qui envahirent la Grèce un siècle plus tôt (et dont le bouclier est très connu dans le milieu rugbystique). Si selon la légende, les oies permirent de sauver le Capitole, en fait, c’est l’armée des Vénètes qui eut ce rôle en obligeant les Sénons à négocier avec les Romains. Au départ, les Sénons se présentent devant une ville étrusque : Clusium, dans la sphère d’influence romaine. Les Romains envoient une ambassade. Mais la neutralité diplomatique nécessaire pour mettre en place une médiation est violée. Les ambassadeurs en effet sont intervenus les armes à la main contre les Gaulois. Ces derniers demandent alors réparation à Rome qui refuse. Voyant cela, les Gaulois marchent sur la ville de Clusium. C’est vrai quoi ! Ils ne sont pas venus de si loin pour faire du tricot. Donc sus aux richesses de la ville. Normal ! L’armée romaine se porte à leur rencontre et prend position. Il y a certes des combattants de chaque côté mais il n’y aura pas de combat. En effet, effrayée par les cris des Gaulois, déconcertée par leur impétuosité, l’armée romaine se débande et cherche précipitamment un abri à Rome ou dans les villes voisines. Le futur plus grand empire de la Terre pour l’époque avait encore des efforts à faire côté discipline militaire. A Rome, les soldats se barricadent dans le Capitole, laissant dehors femmes, enfants et vieillards. Ces derniers seront massacrés allègrement par les « Barbares ». Les temples sont aussi incendiés. Tant qu’à y être… Les oies empêchèrent les soldats romains d’être massacrés par les Sénons pendant la nuit. La population romaine restant encore en vie est affamée. Deuxième négociation : les Sénons s’en vont de la ville, les Romains pourront manger à nouveau. Mais pour cela, ils doivent payer une rançon. On pose des poids sur une balance et de l’autre côté, les Romains déposent leur or. Jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que les poids ont une large couche de plomb. Les Romains protestent. Et Brennus le Sénon eut alors ce mot historique : Vae victis ! Malheur aux vaincus en français dans le texte. Et c’est ainsi que le mot « monnaie » apparut. Mais ça, vous saurez comment demain.



