Il y a quelques mois est paru dans une revue de généalogie, uniquement vendue par abonnement, un éditorial dans lequel le rédacteur en chef se plaignait du fait que le régime de Vichy n’avait pas réglementé la profession de généalogiste. Il comparait entre autres cette profession aux griots d’Afrique. J’aimerais revenir sur une partie de son éditorial qui ne prouve à mon sens qu’une chose : la profonde méconnaissance de son auteur sur la profession de généalogiste. Cet éditorial disait ceci (textuellement, avec les fautes d’orthographe maintenues) : N’importe quel personne peut : s’autoproclamer généalogiste, qu’il ait les compétences ou non pour le faire ; encaisser des honoraires et fixer ses prix sans aucune concertation légale ; effectuer réellement des recherches ou tout simplement recopier les usuels généalogiques courant, faisant ainsi croire à des recherches drastiques. C’est sur la dernière phrase que j’aimerais revenir aujourd’hui. Sans doute parce que je suis en train de travailler sur une famille noble, donc censée être connue et étudiée parfaitement par les « usuels généalogiques ». En fait, en faisant mes recherches sur cette famille, je m’aperçois que l’étude qui existe sur celle-ci est très vide. Je ne cesse de la compléter, de trouver des enfants, inconnus des auteurs qui m’ont précédé, des branches entières inconnues elles aussi de ces mêmes auteurs. Les usuels généalogiques ne sont pas forcément fiables. La généalogie est une science et comme toute science, la recherche fait avancer la connaissance. Recopier des usuels généalogiques ne permet pas d’avoir des recherches drastiques. Au contraire, si je me contentais de le faire, cela voudrait dire que je n’exerce aucun sens critique. Alors que c’est primordial. Cela m’est déjà arrivé de commencer à me baser sur les usuels et d’aller vérifier si ce qu’ils disaient était juste ou pas. Souvent, je les ai complété. En outre, c’est oublier un peu vite que les familles que le généalogiste familial étudie, dans sa grande majorité, sont des familles roturières, donc inconnues des « usuels généalogiques ». Il n’y a pas de recopie possible, il faut aller chercher les sources. Pour le reste, une personne qui s’autoproclame généalogiste et qui n’a pas les compétences pour cela ne restera pas longtemps dans la profession. Pour ce qui est des prix, ils sont libres. Comment un rédacteur en chef d’une revue généalogique peut-il autant méconnaitre le secteur d’activité dans lequel il travaille ? Je crois que c’est la vraie question qu’il faut se poser.