Il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre. C’est cette défiance, cette méfiance qu’ont les amateurs sur les professionnels. Comme si, forcément, un professionnel ne pensait qu’à son CA HT de manière permanente. Il y a d’autres manières d’être. Je crois que les amateurs ne l’ont toujours pas compris. J’en ai encore eu la preuve aujourd’hui. J’étais animateur d’un cercle généalogique. Je l’ai été pendant huit ans. Je suis membre de ce cercle généalogique depuis 1989. Et je suis passé professionnel en 2000. Il y a donc eu onze années pendant lesquelles je n’ai fait que du bénévolat et où les autres amateurs ont pu m’apprécier ou pas à ce titre. Le fait de passer professionnel n’a pas changé ma mentalité. Pour certains amateurs qui me connaissent, cela paraît évident. Pour d’autres, qui ne me voient que très rarement, le fait que je sois devenu professionnel signifie pour eux que je cherche à tout prix à récupérer à des fins professionnelles mes contacts associatifs. Dans le but de faire du chiffre bien sûr. Ces personnes-là n’arrivent pas à comprendre, sans doute parce que cela ne fait pas partie de leur mentalité, que l’on peut aussi faire partager son savoir, aider les personnes à évoluer dans leur pratique professionnelle, dans l’exercice de leurs recherches, sans forcément faire du prosélytisme commercial à tout crin. De ce fait, et sans doute parce que c’est ce qu’eux feraient, ils se méfient. Personnellement, je crois plutôt qu’ils projettent ce qu’ils sont sur les autres, sans se préoccuper de la personne qu’il y a vraiment en face, sans s’interroger sur les motivations profondes du professionnel que je peux être. Et alors que les deux mondes devraient cohabiter sans difficulté (il y a de la place pour les professionnels comme pour les amateurs généalogistes car nous ne vivons pas la chose de la même manière, les professionnels la vivant de manière plus intensive, plus quotidienne), ils créent volontairement des querelles. Sans doute pour des questions de pouvoir. C’est en tout cas ainsi que je le ressens. Je ne juge pas leurs actes. Je constate simplement les conséquences que cela entraîne à mon avis et qui me semblent dommageables. Pour tous.