Quand on monte une entreprise, que celle-ci grandit, le chef d’entreprise a besoin souvent d’être rassuré, soutenu dans ses projets. Je ne sais pour les autres, mais personnellement, quand j’ai une décision importante à prendre, j’en discute. Je la parle. Il paraît que le soutien de l’entourage familial est alors primordial. Personnellement, une fois encore, il me faut le gérer, aller chercher les ressources ailleurs. J’envisage donc une association. Ce n’est pas une mince affaire. C’est une question qui trotte dans la tête, pour laquelle j’envisage le pour et le contre. J’essaie d’imaginer ce que cela sera concrètement, la manière de travailler. Bref, comme on dit familièrement, cela me travaille. Et c’est bien normal. J’irais la fleur au fusil, sans m’inquiéter un tant soit peu, ce serait beaucoup plus grave. J’ai eu la très mauvaise idée de vouloir en parler à mon entourage familial proche. Très très mauvaise idée ! Pour mon entourage familial, comme quand je me suis installé chez Régate, comme quand j’ai quitté la coopérative d’activité et que je me suis installé à mon compte, comme quand j’ai pris temporairement un salarié, cela ne peut déclencher qu’une catastrophe (même si la réalité leur donne ensuite tort). Ils ne font aucune confiance en mes capacités, à ma connaissance du métier, à ma créativité, aux personnes qui m’accompagnent professionnellement. En caricaturant à peine, je ne peux finir que criblé de dettes, clochard sous un pont si j’agis un tant soit peu. Bien évidemment, ils font tout pour m’en dissuader. Surtout ne prendre aucun risque, continuer à vivoter tranquillement, voire même envisager de changer complètement de métier, prendre quelque chose qui soit « pépère », sans passion, sans aucune initiative pour surtout ne rien bousculer. Bref, j’aurais mieux fait de garder mes doutes et mes interrogations pour moi. Heureusement que j’ai confiance en moi et que je n’écoute pas les chants des sirènes qui me sont envoyés par eux. Comment font les autres chefs d’entreprise quand ils ont des doutes ? Je ne sais pas. Peut-être en parlent-ils à un coach ? Mais je trouve cette situation toujours pénible. Heureusement, ma belle-famille m’encourage plus. Mais je me rends compte que la vie du chef d’entreprise passe aussi par ces moments de découragement intense.