Il y a parfois des énigmes qui sont difficiles à résoudre, même pour les professionnels. Je pensais en avoir résolu une. Raté ! Une de mes élèves l’a remise sur le tapis et me l’a compliqué. Histoire que ce soit un bon imbroglio. Je vais volontairement vous donner les noms des communes parce que cela rajoute au problème. Au départ, j’ai donc une demoiselle Magdelaine Jacques, née de parents inconnus à Albi, qui est déclarée le 26 juillet 1834, âgée d’environ 15 jours. Jusque là tout va bien. Mais cela va vite se compliquer. Elle est mise en nourrice jusqu’en 1845 chez un couple sur la commune de Saint André, puis à partir de 1845 chez un autre couple qui accepte de la nourrir gratuitement, toujours sur la même commune. En 1872, sur la commune voisine de Saint André, Curvalle, elle épouse un homme, né de parents inconnus, dont elle aura un fils deux ans plus tard. Au mariage de ce fils en 1899, sur la commune d’Ambialet, elle est dite décédée en 1885 sur la commune d’Alban. Direction donc la commune d’Alban pour chercher son acte de décès. Rien en 1885. En fait, elle est décédée en 1888, sur Alban effectivement, sous les noms de Magdelaine Marie. A son décès, ce sont deux voisins qui la déclarent et la disent âgée de 48 ans. Elle en a en fait 54. Mais bon, à six ans près, on va pas chicaner non plus. Même en 1888. En marge, il est fait mention d’un jugement rectificatif d’état civil datant de 1899 pour lui redonner son nom de Magdelaine Jacques. Jusque là, cela paraît relativement simple. Cela m’a pris du temps pour tout vérifier mais cela me semblait bon, correct pour mon client. Première difficulté : 4 jours avant elle est née à Albi une fille de parents inconnus nommée Magdelaine Marie. Je perds ensuite complètement sa trace. Sachant que pour son mari, rien n’a été exact dans aucun acte passé, à part le nom de famille, je suis très méfiant. Magdelaine Jacques ou Magdelaine Marie ? Laquelle est la bonne ? Je n’ai bien sûr pas de contrat de mariage qui puisse m’aider. Et c’est là qu’intervient mon élève avec son arbre généalogique, qu’elle me montre à la fin d’un de mes cours de généalogie. Elle a un souci concernant sa famille Lapeyre, peut-être aurais-je une idée. Une piste, quelque chose pour l’aider. En 1860, sur la commune de Cambon, s’est mariée Magdelaine Jacques avec Jean-François Lapeyre. Elle en a eu deux enfants. Et ensuite on perd la trace du couple. Simple n’est-il pas ! Sauf que… Sauf qu’à la naissance des enfants, la mère ne s’appelle plus Magdelaine Jacques mais … Julie. Damned ! S’agit-il du bon couple ? Aurait-elle changée de prénom selon la volonté de son mari ? Est-ce « ma » Magdelaine Jacques ou une autre ? Au mariage en 1860, on lui donne pourtant la date de naissance de « la mienne ». Et là encore bien sûr, pas de contrat de mariage. Rien qui puisse aider à déméler les fils, à part peut-être le recensement de 1861. Raté ! Pas de recensement conservé pour l’époque ! Et on n’a jamais entendu parler dans la famille de mon élève de la famille de mon client. L’inverse est tout aussi vrai. Alors si vous avez une idée… Je suis preneur !