Existe-t-il des différences entre ma manière de voir mon métier et la manière de le voir par mes confrères ? Sans doute que oui. Mais est-il possible, concrètement, de savoir sur quels critères ces différences portent ? Je me suis servi pour essayer de déterminer cela d’un élément : le site Internet de chaque généalogiste qui, il me semble, est une bonne vitrine de la manière dont ce dernier se montre au public. Et j’ai essayé à partir de ceux-là de trouver des critères communs à tous pour voir si ensuite je pouvais tracer une courbe. J’ai essayé aussi de récupérer tous les éléments qu’ils pouvaient donner en dehors de leurs sites : publicité, ce que je connais des opinions développées par les généalogistes par rapport à certains points d’achoppement entre nous (qui ont fait que je n’appartiens plus à aucune chambre syndicale vraisemblablement pour cette raison). Je n’ai pas forcément raison, loin de là. Personne n’est infaillible. Personne ne détient la vérité. Il n’en existe pas. Premier critère qui me semble primordial pour la majorité de mes confrères : le rapport. Il s’agit d’un dossier établi à la fin des recherches comprenant une fiche pour chacun des ancêtres, des photos ou photocopies et/ou des transcriptions d’actes, une liste d’ascendance complète, un arbre généalogique, un écrit de plusieurs pages qui précisera tous les documents consultés, donnera le détail effectué, commentera les résultats et définira les recherches complémentaires à mener. On peut y trouver en plus une carte, des photos des communes des ancêtres voire de leurs lieux de vie… C’est un critère très fort pour mes confrères. Personnellement, je l’ai complètement exclu sauf en cas de cadeau. Deuxième critère, en lien avec le premier : les logiciels de généalogie. S’ils présentent dans leurs rapports des tableaux généalogiques, ils utilisent forcément un logiciel de généalogie. Personnellement, très peu souvent sauf pour les articles sur la généalogie d’une personnalité. Troisième critère qui me semble en lien avec le premier : les délais. Dans les sites que j’ai pu consulter, mes confrères annoncent des délais de rendu du résultat entre 1 et 6 mois. Cela peut aller jusqu’à 18 mois d’attente. Ne faisant pas de rapport, j’envoie les résultats à mes clients au fur et à mesure que je les trouve. Les délais sont alors beaucoup plus atténués. Quatrième critère : les arbres généalogiques agnatiques, cognatiques, par quartiers, descendants. Cela me semble être là encore un critère fort dans la profession.Tous les proposent avec des tarifs fort variables (voir ma note à ce sujet sur les tarifs des professionnels). Je les ai exclus de ma proposition commerciale. Je n’en fait pas, on ne me l’a jamais demandé. Cela ne sert rien, à mon sens, de le proposer. Mais c’est mon opinion. Elle n’engage que moi. Cinquième critère : la publicité payante dans les magazines de généalogie. C’est en dehors des sites mais cela me semble complémentaire de ceux-ci. Beaucoup en font, voire en font dans plusieurs magazines, en plus de publicités gratuites que certains peuvent obtenir en échange de services qu’ils rendent au magazine. Les seules publicités qui apparaissent me concernant, j’ai pu les obtenir gratuitement. J’ai exclu toute publicité payante dans les magazines. Sixième critère : les bases de données. D’après ce que j’ai pu voir, très peu en proposent. Ne serait-ce qu’une simple liste-éclair. Est-ce en lien avec les rapports ? Considèrent-ils que chaque dossier à des données qui lui sont propres et qu’ils ne peuvent proposer à d’autres ? Personnellement, je fais une différence entre mes dossiers clients et les données que je peux récolter. Je ne revends pas un dossier client, je revends des données que j’ai pu récolter. J’ai un site dédicacé qu’à cela. Revendre des données, montrer qu’on a déjà travaillé sur une famille qui intéresse un prospect, pouvoir lui répondre rapidement est pour moi primordial. Septième critère : Internet. Tous mes confrères n’ont pas encore de site. Ce n’est pas un reproche. Ils ont sans doute choisi une autre manière de se faire connaître qui leur convienne mieux. Si on rajoute là dessus les réseaux sociaux, les blogs… Cela devient encore plus le désert. Pour les blogs, Jordi Navarro l’a montré avec brio : deux professionnels ! Huitième critère : l’innovation. Quasi inconnue. Nous sommes dans un océan rouge de concurrence. Dommage ! Neuvième critère : l’approche commerciale. Je mets sous ce terme la manière dont on peut proposer de faire les recherches. D’après ce que j’en sais, mais je peux me tromper, ils proposent un tarif pour une prestation, et c’est à prendre ou à laisser. Cela me semble être en lien avec le premier critère du rapport. Personnellement, je pose toujours la question suivante à mes prospects : combien pouvez-vous mettre d’argent mensuellement pour que vous puissiez vous payer ce plaisir qu’est la généalogie sans grever par ailleurs votre budget ? Je m’adapte ensuite à ce budget mensuel. Je préfère travailler pour quelqu’un qui me met 50 € par mois pendant 7 ans, parce que je sais que ces 50 € il peut, plutôt que de lui faire un devis à 4200 €. In fine, le résultat est le même. Ce n’est pas passé de la même manière. Dixième critère : le partenariat avec les sociétés commerciales. D’après ce que j’en sais, mais là encore je peux me tromper, cela me semble très peu développé chez mes confrères. Personnellement, si c’est possible, je n’hésite pas. Attention, le but n’est pas de montrer que je suis un parangon de vertu, ou que j’ai tout juste et eux tout faux, ou que sais-je encore. Simplement, de montrer que, stratégiquement, du point de vue économique, nous n’avons pas choisi les mêmes options. Il n’y a aucune notion de bien ou de mal derrière mon écrit, aucune notion de morale. Si nous pouvions tracer une courbe sur ces critères-là, nous aurions des courbes complètement différentes. C’est tout. Rien d’autre. Et c’est bien assez suffisant.